Affaire Polanski: c’est où qu’on vomit?

Alors que tous les hommes politiques, intellectuels, artistes soutiennent Roman Polanski, les blogueurs réagissent majoritairement dans le sens opposé. Sans rentrer sur un débat concernant le fond (car après tout, on ne sait pas ce qui s’est vraiment passé), je suis surtout totalement halluciné par la forme. Imaginons un seul instant que Roman Polanski soit un anonyme. Aurait-il eu droit au même soutien? Non bien sûr.

Roman Polanski est accusé de faits graves. Il a préféré fuir et ne pas assumer (laissant penser de façon implicite qu’il était coupable). 30 ans plus tard, il se fait rattraper. Je ne vois rien de choquant. Bien sûr, on peut se demander quel est vraiment l’opportunité de revenir sur une affaire comme celle ci après autant d’années. Nul doute, que l’ancienneté des faits ne permettrait pas un procès sérieux et équitable. Mais, ce n’est pas vraiment le sujet et on n’est pas là d’ailleurs. polanski

Non le gros problème dans cette histoire, ce qui laisse un goût amer dans la bouche, comme un renvoi qui se ne vomirait pas, c’est cette réaction unanime de soutien. C’est d’autant plus gerbant, que ce soutien sort de la bouche de politique qui sont les premiers à condamner durement les petits délits.

Je suis donc dans l’attente. L’attente de voir se réveiller un homme public (ou une femme!) qui aura la noblesse et les couilles de bien vouloir dire que Monsieur Polanski doit assumer ses actes. Que monsieur Polanski est accusé du viol sur une fille de 13 ans (et pas d’une simple « histoire de mœurs » comme on entend en France) et qu’à ce titre – malgré tout son talent et son passé douloureux – il a le devoir de se présenter devant la justice américaine pour s’expliquer.

Un petit sondage pour la forme:

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Julien

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6 thoughts on “Affaire Polanski: c’est où qu’on vomit?

  1. Et si le soutient français venait du fait d’une prescription dans le droit français (ui inexistant aux EU), du fait que, étrangement une affaire comme celle-ci arrive en plein période électoral des procureurs au EU.
    Et pire encore si on prenait en compte la manière dont le jugement a été rendue a l’époque?
    Il ne manquerai plus que tous les bien pensant s’interroge sur les désirs de la victime…

    Et tout ca sans tomber dans le pathos facile sur le fait de sa généralissime carrière, sur son état psy de l’epoque et sa condition d’homme.

    Donc je pense qu’avant d’appeler a la prise « couillu (sic) » de position d’un politique qui elle, car elle ne serait uniquement la pour se faire une identité (vomitive party?) il serait peu être bon de se renseigner plus en … profondeur.

    Et… avec une bassine je vous pris.

    Casperiko !

    1. Sauf erreur de ma part, même en France il n’y aurait pas de prescription pour un cas pareil. La prescription s’applique dans le cas d’un crime ou d’un délit qu’on aurait découvert plus de 10 ans après les faits. En l’espèce, le crime a été découvert au moment des faits et il s’agit de la fuite d’un homme accusé de viol. Et de toute façon c’est la loi du pays où a été commis le crime qui s’applique.

      Bizarre depuis le début de la semaine le discours a changé et on voit de plus en plus de journalistes et de personnalité s’élever contre ce mouvement de soutien… une affaire sordide en tout cas!

      1. (Non. => Articles 133-2,3 et 4 du Code pénal).

        « La prescription de la peine est le principe selon lequel toute peine, lorsque celle-ci n’a pas été mise à exécution dans un certain délai fixé par la loi à 20 ans pour les crimes, 5 ans pour les délits, 3 ans pour les contraventions. Le délai commence à courir le jour où la condamnation devient définitive. »

        Le seul « hic » qu’on pourrai ici opposé c’est que la condamnation définitive n’a pas été prononcée… Encore que la jurisprudence me donnerait raison.

        Et ne crois pas que j’étais en train de justifier la porté juridique du soutient français grâce a la prescription, j’émets simplement l’hypothèse que la présence de la prescription en Droit francais peut expliquer la compassion dont beaucoup font preuve.
        Et qui d’ailleurs peut exister au EU sous une autre forme (qui ressemble a l’art 7), qui permet de mettre en doute des preuves etc datant autant…

        Dans le cas bien précis ici, la plaignante a même abandonné les poursuites c’est dire…

        Ensuite il n’est pas accusé de viol.

        Voila justement ou je voulais en venir, avant de se vouloir juré ou de simplement se permettre d’émettre un avis un peu construit il serait bon de se renseigner plus en profondeur au risque de faire de la désinformation.

        Enfin, c’est un vulgaire avis d’un vulgaire…

      2. Edit :(qui a foiré, sry)

        Par contre n’allez pas croire que j’ai un quelconque respect pour les défenseurs qui prônent un recourt en se basant uniquement sur le talent reconnu de R.Pol

        Mais il me semble que beaucoup de politique usent et abusent de cette argument pour ne pas se retrouver en situation de critiquer le fonctionnement de la justice outre-Atlantique, surtout que la direction que prend le notre est plus que douteuse.

        Casperiko :)

  2. Bien sûr que si qu’il a été accusé de viol. Pour être exact de « viol avec utilisation de drogue, perversion, sodomie, (…) sur un enfant de moins de 14 ans ». Il a plaidé coupable ce qui aux états-unis donne droit à une réduction des charges.
    Et sa fuite l’a définitivement condamné aux yeux du procureur us.

    Moi je pense que la prescription n’a rien à voir avec la vague de soutien. La plus part des artistes n’ont d’ailleurs, à mon avis, aucune idée précise du droit regardant la prescription… C’est simplement un soutien inconditionnel au regard de la vie qu’a mené cet homme en tant qu’artiste. « Ok il a violé une gamine mais c’était il y a longtemps, depuis il a fait tellement de bons films; et puis cette gamine, elle était pas si innocente que ça!  » … j’arrête j’ai la nausée qui revient.

  3. Je disais donc, en fait la « réduction des charges » toute particulière au modèle américain, c’est un arrangement financier, qui permet de se mettre d’accord sur les charges afin premièrement de gagner de l’argent et deux d’éviter des quêtes de recherche de preuve impossible.
    Donc, il est recherché pour « détournement de mineur » et non viol, il a été accusé de Viol, il ne l’est plus.

    Ensuite il n’y a pas besoin de connaitre le droit pour parler de cela et « soutenir ». La prescription est quelque chose d’incroyablement censé et humain.
    L’exemple ici, c’est ce que tu fais dire a tes artistes : »Ok il a violé une gamine mais c’était il y a longtemps »
    C’est d’autant plus vrai quand il n’y a plus de plaignant … Car oui, la plaignante a retirer les charges depuis fort fort longtemps.

    Et même si le voir condamner a l’époque ne m’aurait pas choqué (si le procès avait été équitable) voir même certainement rassuré, je trouve ca plus que nauséeux de voir autant de dit lettré-bloggeur défendre un système judiciaire soumis a une pression populaire et a un système électoral.

    Mais, et la je te rejoins ca me pue aussi au nez les inconditionnels défendeur de la non-veuve et du non-orphelin. Maintenant a mon avis, talent ou pas talent, le jour ou une affaire comme ca est jugé au moment des faits, par un juge conscient de la vie et de l’etat psy du coupable il n’y aura pas de ferveur populaire aussi importante pour venir interféré dans le rendu de la justice.
    *Enfin, j’espère

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